martedì 6 dicembre 2011

Matrigna Russia

STAVA PER SUCCEDERE IL MIRACOLO, MA L'ASSE PUTIN-MEDVEDEV SI DIMOSTRA INVINCIBILE ANCHE NEI MOMENTI DI MAGGIOR DEBOLEZZA. COSA RIMANE DELLA RUSSIA? UNA DEMOCRAZIA?UN'OLIGARCHIA?UNA DITTATURA?UN REGNO? 


Les chiffres peuvent être trompeurs. La leçon qui se dégage du scrutin législatif russe du 4 décembre est, elle, on ne peut plus claire : enregistrer une baisse de 15 points lorsqu'on a tous les leviers du pouvoir en main, en démocratie comme en autocratie, cela s'appelle un désaveu. Et celui que vient de subir le tandem Vladimir Poutine-Dmitri Medvedev est incontestable.

D'après les résultats communiqués lundi matin, Russie unie, le parti de M. Poutine, conservera la majorité à la Douma, la Chambre basse du Parlement russe. Mais le score obtenu par ce parti passe de 64,30 % des voix en 2007 à 49,54 % cinq ans plus tard. La mine sombre affichée par les deux dirigeants dimanche soir, lorsqu'ils sont apparus au QG de campagne de Russie unie pour commenter les résultats, reflète bien la réalité de ce vote, qui les a visiblement surpris eux-mêmes.

Il faut dire que tous les moyens avaient été déployés pour assurer la victoire du parti au pouvoir. Une fraude massive a manifestement entaché le scrutin ; les innombrables photos, vidéos et témoignages envoyés sur les réseaux sociaux par des électeurs indignés sont là pour le prouver. La commission électorale avait réduit au minimum le nombre d'observateurs occidentaux. Enfin et surtout, une attaque électronique de grande ampleur a paralysé dès le matin les médias et sites Internet critiques du régime, notamment le site de Golos (La voix), une ONG qui entendait exercer une surveillance indépendante du processus électoral, accusée par le Kremlin d'être aux ordres des services de renseignement occidentaux.
Non seulement la propagande officielle n'a pas aussi bien fonctionné que prévu, mais elle semble même avoir été contre-productive. Les Russes d'aujourd'hui ne sont plus les Soviétiques du siècle dernier, ils voyagent, sont informés, ont accès, du moins dans les villes, aux nouvelles technologies. La diabolisation de l'Occident ne fait plus recette. Pour la première fois dans ce scrutin, un activisme citoyen sur les réseaux sociaux a en partie déjoué le black-out imposé par les hackers du régime, digne des pratiques du voisin biélorusse.
"La démocratie est en marche", a commenté, le plus sérieusement du monde, le président Medvedev, qui se flatte d'être un geek, un mordu des nouvelles technologies. Sauf qu'en démocratie, un verdict électoral de ce type a des conséquences. En Russie, institutionnellement, il ne change rien. L'élection de M. Poutine à la présidence le 4 mars 2012 n'est pas menacée ; ce dernier a d'ailleurs déjà désigné son premier ministre, qui n'est autre que Dmitri Medvedev. La composition de la Douma ne posera guère de problème au Kremlin, qui formera son gouvernement sans elle.
Il reste que politiquement, sauf à mener une politique suicidaire, M. Poutine ne peut pas tout à fait ignorer cet avertissement. Ni cette ironie ultime, qui lui revient en pleine figure : la remontée du Parti communiste. Vingt ans, tout juste, après la chute de l'URSS, il a frisé dimanche 20 % des voix.
Le Monde 5/12/12

Nessun commento:

Posta un commento